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Autobiographie Georges Tanneau

Nouveau coffret
2 livres de poche

Sortie le 15 avril 2010

Les ouvrages


PREFACE


Ce "Novice au long cours", que j'ai eu le privilège de découvrir avec autant d'étonnement
que de bonheur, peut se lancer hardiment dans l'océan littéraire et maritime sans autre
secours que sa propre valeur et les mérites de son auteur. Georges Tanneau effectue ici
une entrée remarquable dans le trop petit monde des marins écrivains dont Joseph Conrad fut
le grand ancêtre. Ceux-là ont navigué longtemps avant de témoigner avec sûreté, vérité, et cette
inimitable vision professionnelle doublée d'une perception authentique de tout ce qui existe ou
vit à la surface de la mer.

Cette autobiographie de jeunesse, la plus éloignée dans le temps, est aussi la plus nette dans la
mémoire. Ne sommes-nous pas toujours fortement impressionnés par le nouveau, l'inconnu,
l'inattendu, au point d'en conserver à jamais le souvenir ? Le novice du Robert Espagne possédait
des yeux vifs et neufs; il était prêt à imprimer des mondes dans la cire vierge de sa mémoire.
Ayant acquis la sagesse des années, il nous offre aujourd'hui cette richesse, fidèle, ornée,
ordonnée, mêlée de couleurs, - j'allais dire de sons et d'odeurs -, mais jamais altérée, jamais
falsifiée. Quel historien pourrait accomplir la même tâche avec autant de vérité ?
Quel ethnographe pourrait, mieux que le novice du Robert E.spa~ze, étudier et décrire les us
et coutumes des marins des liberty-ships ?
L'auteur emprunte une langue enrichie d'adjectifs sonores et colorés. Il est souvent tenté par
le bon mot , l'incisive réplique, la conclusion inattendue. L'humour, qui fuse naturellement à
chaque page, illumine la stricte narration des faits. Qui pourrait s'en plaindre ?
Le texte suit la vérité de près, et cette vérité ne peut être contestée. Cependant, à maintes
reprises, la tentation romanesque saisit l'auteur et nous vaut un surplus de détails dans le
décor, un surplus de pittoresque dans la peinture des personnages, un surplus d'ombres et de
lumières dans le déroulement de la vie à bord du liberty-ship. Quant à la mer, l'auteur
s'abstient de nous montrer qu'elle est seulement et banalement belle ou sévère; il ajoute
qu'elle est autre et que cette altérité du large comporte mille nuances.
Alors que les Français oublient souvent que les marins ne sont pas seulement de course ou de
plaisance, les médias se chargeant d'alimenter largement cette fallacieuse rumeur -, il est
remarquable et important qu'un auteur compétent et talentueux clame fort du haut de sa
passerelle, comme à bord des cargos de notre jeunesse: "Chacun à son poste ! Chacun son
bout(te) ! "
, renvoyant ainsi chaque marin à sa juste place et à son humble besogne.
Tout homme de mer possède, dans quelque coin secret de sa tête, un inestimable trésor, dont
une grande part sera perdue par la faute du silence, d'un certain silence qu'il convient de
respecter sans le condamner; la paix se raconte, alors que la souffrance se tait, et entre
l'une et l'autre ne se trouvent parfois que l'espace d'un drame
, que le temps d'un jour ou d'une seconde...
Ne faut-il pas rappeler cependant que la mémoire écrite, celle que les adolescents recherchent
pour meubler leurs rêves, et que les anciens savourent avec nostalgie, est la seule capable de
faire revivre les choses passées et d'en prolonger l'existence, durablement, aussi durablement
que l'encre et le papier qui en sont le support.
Grâce au novice du liberty-ship, les lecteurs vont entreprendre un merveilleux voyage. Merci à
Georges Tanneau, chantre au sens littéral, depuis de nombreuses années, de la mer, des navires
et de leurs équipages, et au sens littéraire aujourd'hui, merci de nous faire découvrir,
de nous permettre de conserver une part du trésor.

Commandant Alain ARBEILLE

 

Préface


A la lecture du premier livre de Georges Tanneau, qui raconte par le menu son existence de
"Novice au long cours", à bord du Robert Espagne, je ne pouvais m'empêcher de songer à
certains de ses grands prédécesseurs du temps de la marine à voile; à la « Croisière du

Cachalot »
, de F. Bullen, ou aux « Deux années sur le gaillard d'avant » de R. H. Dana.

Car mon ami Georges Tanneau possède quelques-unes des qualités de ces grands témoins : une
mémoire prodigieuse des faits, des expressions, des hommes, servie par une curiosité protéiforme,
sans cesse en éveil. Un bonheur d'écriture, aussi, avec une touche d'humour bien marin.
Et surtout, un sens aigu de la notation du détail humain, culturel, social, nautique, révélateur
de la réalité méconnue de l'univers quotidien des gens de mer. Le folkloriste Bernard de Parades
avait coutume de regretter que « les Français n'aient pas la tripe ethnographique ». Per-Jakez
Hélias, le terrien, et Georges Tanneau, le marin, montre que les bigoudens sont, sur ce point,
peut-être un peu plus que des Français...

Quinze années durant, lorsque je préparais, sans autres moyens qu'une farouche volonté de sauver
tout un pan d' une culture maritime en voie d' oubli définitif, j' ai inlassablement rendu visite
aux plus vieux marins, essayant d'assembler bribe par bribe les lambeaux d'une civilisation
disparue, celle de la pêche bretonne au temps de la voile.
Combien de fois cette pensée ne m' est-elle pas venue : Ah, si des pêcheurs, des matelots du
siècle dernier avaient pu rédiger leur journal, raconter leur vie de marins comme l'on fait tant
de capitaines du commerce et d'of~ciers de la Royale...

Eh bien, Georges Tanneau a ce rare talent de faire revivre avec une authenticité saisissante
la tranche de vie maritime - déjà presque oubliée, elle aussi - qu'il a connue. A l'acuité de
ses souvenirs, à son sens de l' observation d' homme de mer, il ajoute des qualités critiques
« d' honnête homme » du tournant du XXIe siècle. Lorsqu' il décrit, d' après ses souvenirs de
mousse, un coup de bolinche à la sardine, il prend soin de rechercher des documents techniques
contemporains pour vérifier et compléter sa mémoire. Et lorsqu'il rassemble les termes de
métier en langue bretonne - bigoudène, en l'occurrence - pour en établir un glossaire
authentique, il se fait un devoir de consulter des marins-pêcheurs de son âge, des linguistes,
et de mener des comparaisons avec le vocabulaire sardinier - en majorité douarneniste - recueilli dans "Ar vag",
pour recouper ses propres souvenirs.
Rarement les ouvrages traitant de la pêche bretonne ont cédé à la tentation nostalgique
d'évoquer un « bon vieux temps » imaginaire : la dureté de la vie, les dangers affrontés ,
parfois la misère, étaient trop grands - même si le souvenir de grands moments de liberté,
de joies simples et fortes, de solidarités communautaires, affleure encore dans beaucoup de
témoignages.
L'image livrée par l'enquête orale, les écrits et les documents, recomposée après coup, ne
peut rendre compte des nuances de l' expérience humaine à l' intérieur d' un métier et d'une
flottille. Sur les chaloupes sardinières, en mer, la tempérance était une règle et une
obligation.Le temps des pinasses et des bolinches va bien changer cela, et le jeune Georges,
maltraité par un équipage de soiffards, gardera un souvenir douloureux de ce temps où il devait
haler sur la « corde des plombs ».
Mais si de tels équipages existent, notre marin guilviniste en a rencontré aussi de bien
meilleurs durant sa carrière, et l'on attend avec impatience la « corde des lièges », seconde
partie de cette vraie histoire d'homme, qui est aussi une remarquable évocation de la pêche
sardinière au temps de la pinasse à moteur.
Car le mousse, au contact de ses rudes compagnons du Pescadou, s' est endurci : il est devenu
un homme, et un marin.

Bernard Cadoret

Directeur de la rédaction du Chasse-Marée Auteur d' Ar hag, voiles au travail
en Bretagne atlantique.

 



Remise du prix littéraire des Administrateurs des Affaires Maritimes
Le 9 juin 2000, à Paris

 

Discours de Jean Philppe BLOCH Administrateur Général de 2ème Classe
et Président de l'Association des Administrateurs des Affaires Maritimes

" Messieurs, Mesdames, nous allons procéder à la remise du prix des Administrateurs
des Affaires Maritimes.

Cette année, notre ami Nicolas PEHAU, Administrateur, adjoint à la Direction
Générale de Nantes, et grand organisateur du prix, nous a envoyé un petit mot qui dit :

« Le jury du prix littéraire des Administrateurs des Affaires Maritimes (et il y avait
beaucuup de livres) a décidé d'attribuer le prix 2000 à Monsieur Georges TANNEAU
pour son livre "Le Mousse du Pescadou, la corde des plombs" publié par les Editions
"Coop Breiz".


Je vais vous lire maintenant la critique d'un membre du Jury.

Madame Ulane BONNEL, de l'Académie de Marine, nous écrit :

"Décidément, l'initiation à la vie à bord, du moins lorsqu'il s'agissait d'armements à la pèche, n'était pas une partie de plaisir, même sur le « Pescadou » qui faisait la pêche
côtière et non pas celles des "Grands Bancs » d'outre-Atlantique. Même si le traitement réservé au jeune mousse de ce récit n'était pas des pires connus, on ne peut
que frémir aujourd'hui à la lecture du traitement réservé à un tel enfant par des bougres qui, de toute évidence, n'étaient pas de la pire espèce mais des bougres
quand même (entre parenthèse, que faisaient les Affaires Maritimes de l'époque ?).

Ces sentiments à part (dit Madame BUNNEL), j'ai lu ce livre avec plaisir et grand intérêt, constamment maintenu grâce au style et au talent de l'auteur. Le texte est bien
écrit et porte le cachet de l'authenticité. L'auteur est modéré dans ses propos ; les hommes et même le jeune garçon ne sont ni des anges, ni des dépravés d'une cruauté
incorrigible, ni même stupides ; ce sont des êtres humains - frustes, certes - mais confrontés aux difficultés d'un métier dont les résultats dépendaient autant de la bonne
vulonté de la nature, de la mer et de sa population du sardines que de leur propre savoir, de leurs efforts ou même de leur courage.
A mon avis, ce livre mérite le prix...(et je m'arrêterai là.) "


Non seulement ce livre mérite le prix mais il l'a.
Je remets donc le prix à Monsieur TANNEAU en le remerciant pour son livre. Je suis persuadé qu'il va passionner beaucoup de monde."




 

Figures de proue et Gueules de Raie. Petite anthologie de la cale IV.

Par Georges
Tanneau. Dessins de Hervé Le Gall. 2001.


Editions Coop-Breiz - 29540 Spézet. 13 €




Georges TANNEAU, Jean Claude MAUR, Alain ARBEILLE




Après ses débuts sur différents bateaux de pêche au Guilvinec (voir Le Mousse du Pescadou...
et sa suite, dont la parution est prévue en 2002), Georges Tanneau a connu une longue carrière
dans la flotte de commerce (notamment pour la compagnie Delmas), qui l'a conduit sur toutes
les mers du monde.

Dans Un Novice au long cours il a déjà relaté - avec le succès que l'on sait
- ses campagnes sur le Robert-Espagne.

Aujourd'hui, Georges Tanneau revient sur d'autres souvenirs de la marine marchande, la
« Marmar », reliés par les fils conducteurs de l'humour et de la fantaisie.

D'une plume toujours aussi précise, rythmée et enlevée, il raconte les Figures de proue et les gueules de raie, embarquées souvent pour de longs périples dans une promiscuité propice aux surnoms imagés et aux histoires de bord, qu'elles soient anecdotiques, humoristiques ou tout simplement extraordinaires, vécues, rêvées... ou inventées !

Tout l'univers de la marine marchande vu par le petit bout du hublot !

contact auteur à Pont-L'Abbé: 02 98 87 11 87

CRITIQUES LITTERAIRES

André Bignault

"Chronique littéraire"

"Jeune Marine n° 354"

Le troisième volume-souvenir de notre ami Tanneau vient de paraître. Ce dernier récit ne renie pas ses aînés. On y retrouve la même
complicité aboutie de la mémoire et de la plume qui réussit si bien à l'auteur : de vieilles images engrangées et retrouvées, la plume alerte qui les
traduit, qui gratte le papier avec autant d'acuité que d'humour. Ce n'est pas mince, ces scènes,
nous les avons vécues, bien sûr ! Soudain, elles ressuscitent. Evidemment, nous sourions.

Contentement simple, de bon aloi. Et qu'importe si, par extraordinaire, ce plaisir ne touchai que les seuls initiés ! Plaisir de ceux qui vont en mer


sur les vivants campés sur la grève !

Que le passé est apaisant ! Il peut avoir été contrasté et de toutes les couleurs, le temps s'emploie à en gommer les aspérités, à en harmoniser le ton. Le voilà présentable finalement, cohérent quand on l'avait cru décousu, attendrissant et balayant tout reste d'acrimonie. De plus, il se découvre souvent désopilant, ce qui
ne gâte rien.
Il faut savoir gré à Georges Tanneau d'avoir été aussi curieux, sa vie durant, des autres (et de lui-même) dans l'exercice de son métier et d'avoir su recueillir, sauvegarder, toutes ces bribes qui font l'existence du marin loin de chez lui. La navigation, aujourd'hui, s'est déjà tant différenciée de celle d'hier ! Quant à celle de demain...?

Si Seulement elle parvenait à se survivre,

Dieu qu'il semble difficile de lui imaginer encore Un Peu de poésie sinon d'humanité. (Selon nos critères actuels, évidemment).

Joies de la Marchande

En 1973, Georges Tanneau, originaire du Guilvinec, quitte la Société Navale Delmas-Vieljeux mais poursuit sa carrière dans la Marine marchande jusqu'en 1992, date à laquelle il prend sa retraite. Depuis, il écrit des livres, notamment " Le mousse du Pescadou ", dans lequel il racontait les dures épreuves qu'il avait subies sur les premiers bateaux de pêche où il avait embarqué.

Il nous revient ici avec d'autres souvenirs, beaucoup plus gais et légers. Dans " Figures de proue et Gueules de Raie ",'Georges Tanneau raconte, dans un style coloré etvivant, des anecdotes, des histoires souvent fort drôles etcocasses. C'est qu'il en avécu, des aventures sur la quarantaine de navires qu'il a fréquentés ! Et il en a vu des hommes d'équipage ! Ce sont d'ailleurs les portraits qu'il brosse dans ces pages avec humour, qui sont particulièrement savoureux. Portraits de simples marins, de pachas ou de capitaines aux surnoms pour le moins fantaisistes : Jeunécuyére ??!!, Sonzélumiére et surtout Sonnocu qui, " avec un sabre, épatait ses invités en décapitant d'un coup sec les têtes monacales de quelques Dom Pérignon réfractaires "

... Autant de figures de proue qui sont aussi, pour certaines d'entre elles, de sacrées gueules de raie !

Le "TELEGRAMME" du 12 août 2001

Lettres Bretonnes

Yves LOISEL


Encore de remarquables souvenirs de marine écrits avec le réalisme et l'humour habituel d'un excellent écrivain.
 

Encore un sacré bouquin ( le 6 eme qui est sorti le 19/03 comme prévu ) de notre ami
Georges TANNEAU,

Super Ecrivain de la Mer, comme l'aurait été son ami RENE s'il avait eu la volonté
de s'y mettre. Hélas!!

Préface de Jean-Charles KRAENH auteur ( scénariste et dessinateur ) de nombreuses B.D. dont
la série TRAMP ( Editions DARGAUD )qui fait revivre la Mar.Mar dans les années 50, et pour laquelle
Georges TANNEAU ( devenu très ami ) est un fidèle et très compétent conseiller technique.

Dans son Avant-propos Georges termine en précisant: " L'auteur dédicace ces quelques lignes
à tous ses anciens compagnons de la DELMAS et de la CTO "

Voir CdSB N° 101 / Mars 2009 / Note de Guy QUIESSE pour commander ce livre avec dédicace GT
à COOP BREIZ / Spézet assez rapidement.

Commentaires X.L.H.

Du livre à la chanson de mer.

Georges TANNEAU est aussi auteur de nombreuses chansons de mer (une centaine) et il a écrit la musique pour quelques unes d'entre elles.

Quelques extraits musicaux seront prochainement proposés sur ce site, réservés aux internautes équipés du haut débit.

Du livre à la bande dessinée;




Avec ses deux ouvrages publiés aux Editions Coop Breizh (Un novice au long cours sur le
Robert Espagne et Le mousse du Pescadou Georges Tanneau a fait, en l'espace de trois ans, une
entrée remarquée dans le petit mondedes marins écrivains. Cet ancien lieutenant de la Delmas-Vieljeux et capitaine de remorqueur
aux Abeilles du Havre a,assurément, un joli trait de plume.

Il n'éprouve aucune ditficultè à embarquer son lecteur. Ses livres à caractère

autobiographique ont pour grand intérêt d'éclairer le néophyte sur ce qui a fait la grandeur, et trop souvent la misère, des navigants.

Une démarche humaniste

En lui décernant son prix littéraire l'an dernier pour "Le mousse du Pescadou", l'association des administrateurs des
Affaires maritimes a de fait couronné une démarche empreinte d'humanisme.
Georges Tanneau écrit avec la précision d'un horloger - quitte à obliger le lecteur non averti à se référer au lexique - mais
également sans complaisance. La vie du bord est disséquée dans ses moindres détails.

C'est ce perfectionnisme avéré qui a poussé les auteurs de la série de bande
dessinée Tramp, le scénariste Jean-Charles Kraehn ei le dessinateur Patrick Jusseaume, à faire appel à lui pour le
nouvel épisode de ce thriller maritime intitulé La roule de Poinle-Noire, publié chez Dargaud.

Un commandant irascible, ténébreux ,un second soucieux de son equipage et du respect dû aux kroumen. Ces marins dockers que les navires employaient
pour le chargement des billes de bois ;une femme, de surcroît religieuse ; des diamants ; un meurtre. La route de Pointe-Noire nous plonge dans l'ambiance glauque du polar.

Mais c'est d'abord celle d'un liberty.ship qui prévaut. Le Ouessant, qui se trouve ainsi placé au coeur de l'intrigue, a tout du Robert Espagne de la Compagnie des Transports Océaniques.
C'est sur ce navire que Georges Tanneau s'est embarqué le 31 octobre 1953, à Brest, à l'âge de 16 ans. L'Afrique avec ses couleurs et ses
senteurs, puis la côte est des États-Unis, Norfolk, Philadelphie, New York, la statue de la Liberté, Boston... Un long
périple de neuf mois riche en découvertes pour le petit mousse du Guilvinec
devenu, par la volonté d'une mère et d'un instituteur, novice à la marchande.

Après quelque 40 ans de bourlingue, Georges Tanneau ne regrette visiblement pas d'avoir très tôt changé
d'amure et ce rôle de conseiller technique pour une BD n'est pas pour lui déplaire.
Est.il pleinement satisfait du résultat ? « Oui ! répond-il spontanément, et je suis convaincu que cela plaira à
beaucoup de marins. »

Et pour cause, l'intrigue se déroule dans un décor de batayoles, d'hiloires, de galiotes et de
mâts de charge. Pour nombre de marins ayant connu cette navigation le long des
côtes et des fleuves africains, La route de Pointe-Noire ramène en surface ces souvenirs rythmés par les chants et les
cris des cacatois et des chefs-panneaux.

Les auteurs ont même pris le soin de publier le texte d'une chanson écrite par
Georges Tanneau, la chanson des Kroumen. « J'avais déjà eu l'occasion de parodier des chanteurs à texte. Je me
suis notamment fortement inspiré de Brassens. La chanson des Kroumen,
écrite sur l'air des « Quidams » de Guy Béart, remonte à un embarquement sur le « Jean Guiton,,, en
1964.,, Georges Tanneau semble bien avoir laissé, par ses qualités de parolier, une trace indèlibile à la Delmas-Vieljeux
puisque, non content d'avoir fait chanter les équipages, il s'apprête à publier, toujours chez Coop Breizh, un livre d'his-
toires anecdotiques sur cette compagnie. « On m'en a fait la demande lors
d'un repas d'anciens navigants de la compagnie »(1), précise~t-il. Chantre et
narrateur, Georges Tanneau sait aussi se faire conteur.

«Cherchez les erreurs»

Reste qu'en ce qui concerne son incursion dans l'univers de la bande dessinée, il lui aura fallu malheureusement
compter avec les aléas de l'édition et les délais d'impression. « Pour certaines
planches, nous n'avons pas eu le temps de rectifier quelques petites
erreurs que seul un lecteur bien au fait de la navigation sera en mesure
de déceler.,, Nous sommes tentés de dire que cela pourrait constituer un exercice de vérification des connaissances.

Lecteurs marins qui pensez vous procurer cet ouvrage, et vous élèves des écoles de la marine marchande, cherchez l'erreur. « Il en est une qui est par-
ticulièrement frappante, souligne Georges Tanneau. Puisqu'elle concerne l'illustration de la une de
couverture.,, Nous n'en dirons pas plus. Ce n'est assurément pas la première

 

Claude TARIN

Le Télégramme - - Mardi 11 Mars 2003

"Marin du Guil' "

248 pages 14€ - EDITIONS COOP BREIZ

Georges Tanneau se souvient...

Georges Tanneau, le bourlingueur des mers, le Giono de la pêche, vient de sortir son quatrième livre aux éditions
Coop Breiz : " Marin du Guil' " ou comment " Lemousse du Pescadou " fut promu au rang de marin à part entière.

Vendredi, c'est au Guilvinec, au sein du lieu mythique de l'Abri du marin que la présentation de l'ouvrage a eu lieu, dans un Abri comble, com-me au bon vieux temps.



Un devoir de mémoire...

Si Georges Tanneau a mis sac à ter-re en 1992 après avoir débuté sa carrière à la pêche, sillonné les mers du globe à la marine marchande, c'est plume en main qu'il renavigue dans sa tête. Des témoignages précieux au sein du corps des marins, peu bavards.
Depuis 1997, il offre à ses lecteurs la saga de la mer au travers de son propre vécu. Du vrai, du fort, de l'émotion, du bonheur et de la rage aussi. En cultivant le mot juste, il plante !'atmosphère, campe les per-sonnages dans leur véracité. Tou-jours authentique et vivant, il préserve ainsi la mémoire d'une époque révolue, d'une pêche en constante évolution.

De la littérature mais aussi un document. Ce livre bien de chez nous est une histoire d'homme qui vient com-pléter les trois précédents ouvra-ges: " Un novice au long cours ", " le mousse du Pescadou ", prix lit-téraire des administrateurs des Affai-res maritimes et " Figures de proue et gueules de raie", tous parus chez Coop Breiz. Un cinquième est en préparation et s'intitulera " Aux mille mers, j'ai navigué "...

Georges Tanneau dédicacera "Marin du Guil " samedi, toute la journée, à la Maison de la Presse du Guilvinec.
 
Habité par le devoir de mémoire", Georges Tanneau est un écrivain généreux. Son travail a été salué vendredi par le député maire du Guilvinec, Hélène Tanguy, marraine de son dernier ouvrage "Marin du Guil'". Elle lui a remis à ce titre la médaille de la ville.

 

 

"Des MERS DU NORD AUX MERS DU SUD"

" Dans le sillage d'un cargo "


Les premiers ouvrages de Georges racontaient ses débuts de marin à la pêche, ses émotions de jeune mousse dans un métier rude qui rend les hommes durs à la tâche, sans pitié pour eux-mêmes comme pour les autres.

Dans ce nouveau livre, Georges, plus âgé, raconte ses émotions de lieutenant - chef de quart au long cours sur le "MAURICE DELMAS".

Il avait entamé un embarquement sur ce navire alors que son épouse était enceinte de 7 mois.

Parti de HAMBOURG, le navire devait livrer sa cargaison dans les pays de la mer rouge et du golfe d'Aden en faisant le "tour". C'est à dire en rejoignant l'Océan Indien par le cap de Bonne-Espérance.

En 1969, les moyens de communications n'étaient pas aussi modernes, alors imaginez les
angoisses d'un jeune papa sans nouvelles récentes de sa famille.

Georges, doté d'une grande curiosité, d'un appétit féroce à connaître et comprendre la Vie, n'hésite pas à se plonger dans la vie locale et ainsi relate dans le détail, à travers le courrier qu'il envoie à son épouse, les souvenirs qu'il garde de ses escales
que ce soit les soutage et ravitaillement à Capetown, ses visites sur les boutres plus ou moins pirates d'Éthiopie (Érythrée) et de Djibouti, ses plongées sur les fonds coraliens et ses escapades mouvementées dans les montagnes du Yémen ou il se retrouve sans argent et sans papiers après qu'on lui aie volé son portefeuille. De nombreuses photos et dessins illustreront le récit.

A cette époque le monde n'était pas encore devenu paranoïaque et les navigants bénéficiaient de la bénévolence (nonchalence ?) des autorités locales. Les sorties de "piste" étaient moins graves.

Un livre, donc, que tous les lecteurs de Georges TANNEAU liront avec bonheur.