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Autobiographie de Alain Arbeille

 

 CAPITAINE AU LONG COURS

« Un navire qui passe, c'est un destin qui vient et s'en va, avec des hommes qui veillent, travaillent, dorment ou rêvent. »

« Capitaine au long cours » est un remarquable document, à la fois récit de la réalitéquotidienne d'une existence consacrée à la
Marine marchande, et invitation au voyage,à l'évasion.


À travers ce récit autobiographique, riche de toute une vie à la mer, le Commandant AlainArbeille partage avec le lecteur l'émotion des contacts avec le monde à part des équipages
maritimes, l'enthousiasme de la découverte incessante de nouveaux horizons, et la part
pittoresque de dialogues inoubliables avec la main d'oeuvre autochtone.

«Capitaine au long cours» illustre également la relativité de la puissance del'homme face aux éléments de la nature, dans un temps différent, préservé du
rythme qu'imprime au monde l'omniprésence des médias.

Né en J926 à Nantes, l'auteur, Alain Arbeille, est Capitaine au long cours,
officier du Mérite maritime. Il a navigué 34 ans et commandé 19 ans, et se
souvient de ses années de mer, au fil des jours, au fil des pages...

LE COMMANDANT A DISPARU

"II fallait dire oui ou non! Parfois on a un an, ou un mois, pour faire
ce choix. Ce jour,là, sur l'"Hippolyte Anwud", j'avais eu une seconde.
"Un événement passe, un homme, une rencontre, une parole, une
promesse, et le destin chavire... au vent de mer!"

Les huit récits, formant la matière de ce livre, ont pour décor l'horizon dans les trente-deux aires de la rose des vents et, comme
centre d'action et de mystère, un liberty-ship ou un cargo très ordinaire.

L'auteur connaît bien cet univers, c'est un acteur qui se souvient. Il
a navigué trente,quatre ans sur les navires qu'il décrit, il a connu les frères des marins qu'il dépeint et les a écoutés.

D'intrigue presque policière, ces textes jouent tous, en quelque sorte, sur l'ironie du destin. Alain Arbeille y fait preuve d'un réel talent de conteur. Il met en place une atmosphère toujours caractéristique,- ménage avec art le suspense jusqu'à un dénouement souvent à double détente, réussit en quelques pages à donner une
réelle épaisseur psychologique à ses protagonistes.

 


 

 

REVUE MARITIME 1994

Dans l'excellent ,"Capitaine au long
cours" publié il y a deux ans qui était un récit autobiographique, le commandant Arbeille avait subrepticement glissé deux nouvelles qui étaientun régal. il confirme aujourd'hui son talent de conteur avec un recueil de huit récits, fidèle à ce genre littéraire particuliérement contraignant qui oblige l'auteur à serrer le sujet en lui interdisant les digressions et fioritures du roman. Cette contrainte est bénéfique car l'atmosphère y gagne en intensité. L'auteur utilise par surcroit le mode difficile entre tous du récit à la première personne (comme Joseph Conrad dans Lord Jim qui est presque tout entier entre guillemets) mais il évite le risque de monotonie en donnant un auditoire au narrateur qui est aussi le personnage central de l'histoire. Les marins c'est bien connu, aiment à « raconter des coups ». ils le font en général entre congénères car il faut être du métier pour en saisir le sel. A bord ou à terre, dans un bistrot du port ou dans l'arrière boutique d'un shipshandler, l'auditoire joue le rôle du choeur antique.

Il soutient le récit, l'enrichit discrètement de ses commentaires et parfois juge en délibéré.
Alain Arbeille exploite habilement
cette technique en l'émaillant de quelques trouvailles, comme celle de
ce Quesnel, qui bégaie et qui exprime accidentellement des vérités qui ne sont pas bonnes à dire.Tel est à peu prés le petit tour de
force auquel se livre l'auteur.
 
Ajoutez- y la mer, le monde fermé du navire etle secret des âmes. Le résultat est invariablement un petit chef-d'oeuvre
d'intensité dramatique avec suspense savamment entretenu et dénouement
toujours surprenant. Imaginez la densité d'un roman policier où le narrateur serait la victime ou pire encore untémoin du meurtre, complice à son corps défendant, et qui deviendrait devant ses pairs un coupable.
Les personnages hauts en couleurs qui sont la trame de ces récits sont-ils réels ou imaginaires ?
Dans sa courte préface, l'auteur ne le dit pas clairement comme s'il voulait nous en lais-ser le choix. Pour l'un d'entre eux au moins (La couchette des amiraux), il avoue in fine être lui-même le protagoniste de l'histoire. Mais paradoxalement, l'intrigue des autres récitss est trop invraissemblable et les acteurs trop criants de vérité pour avoir été inventéss. On en conclut que la mer, dernier refuge duromanesque, secrète encore des destins hors série. Mais le monde de la mer n'a pas encore été exploré par les sociologues et il appartient encore aux écrivains de le décrire. Il y faut deux conditions rarement réunies : la connaissance du
milieu et le talent.Espérons pournotre plaisir qu'Alain Arbeille qui ne
manque ni de l'une ni de l'autre ne s'arrêtera pas en si bon chemin.

 

J.B.B